La musculation pour les enfants et les adolescents est aussi un sujet assez débattu dans les différents réseaux sociaux et magazines scientifiques. Voici une grande croyance que nous entendons depuis des années:

4e mythe: la musculation nuit à la croissance des enfants et/ou adolescents

Malgré cette croyance populaire, je dois vous dire que «non» la musculation ne nuit pas à la croissance des jeunes. Lorsque je parle de musculation dans ce texte, je parle bien sur de la musculation en salle avec des machines et des haltères, puisque c’est sur quoi repose cette croyance.

D’où vient cette conviction qui dit que la musculation est mauvaise pour la croissance? C’est souvent par association que les gens émettent ce genre d’hypothèses qui ne sont pas basées sur des théories valables. Dans ce cas-ci, les gens associent petit à fort et musclé, car une grande majorité de grands athlètes d’haltérophilie et de culturisme sont de petite taille. Ceci dit, ce n’est pas la musculation qui nuit à leur croissance, mais tout simplement parce qu’un athlète d’haltérophilie qui est de petite taille est plus avantagé dans ce genre de discipline. Les gens ont donc tendance à croire par ricochet que la musculation à un impact sur la croissance.

osAlors, comment savoir si la musculation en salle nuit réellement à la croissance chez les jeunes? Voici un résumer de quelques études qui ont été faites sur les plaques de croissances. Les plaques épiphysaires se trouvent sur les os et sont responsables de notre développement. Lors de la puberté, ces plaques sont très sensibles et peuvent se fracturer plus facilement. En fait, ces plaques sont moins solides que les ligaments de sorte qu’au lieu d’endommager le ligament lors d’un accident, l’os aura plus de risque de se casser. Si l’os se fracture sur la plaque épiphysaire, il y a un risque sur la croissance dans un cas de mauvaise guérison. Avec l’âge ces plaques finissent par se solidifier et notent la fin de la croissance. Autrement dit, il faut qu’il y ait un accident ciblant la plaque de croissance pour que celle-ci soit troublée. 

En ce sens, la musculation en salle ne représente donc pas vraiment plus de risques que certains sports comme le football, le rugby, le basketball, le skateboard ou le cyclisme. Je dirais même qu’aller prendre une marche à l’extérieur représente autant de risque que l’entraînement en musculation. Évidemment, il faut que l’entraînement soit bien dirigé et bien fait. La musculation n’a donc pas d’effet secondaire sur la croissance linéaire.

Alors, pourquoi priver les jeunes de musculation et de ses nombreux bienfaits en raison de théories non fondées? Maintenant vous le savez, il n’y a pas plus de risque à la musculation que les autres sports sur la croissance des enfants et des adolescents. Par contre, la musculation chez les jeunes doit rester un moyen et non la seule activité à pratiquer surtout chez ceux âgés de 15 ans et moins. Il est préférable de développer leur coordination, leur vitesse, leur agilité plutôt que leur force, masse ou endurance musculaires. La variété est la clé chez les jeunes.

Je conseille pour les plus jeunes c’est-à-dire ceux de 15 ans et moins d’utiliser des poids légers ou leur poids de corps et d’éviter les charges lourdes. Pour la simple raison qu’il faut maîtriser la technique avant d’utiliser des charges élevées. Plus la charge est lourde, plus les chances de détériorer la technique sont grandes ce qui crée une augmentation du risque de blessure. Je recommande même aux jeunes d’inclure quelques séances (1 à 3) de musculation par semaine en plus de pratiquer différents sports pour tirer un maximum d’avantages.

David Gauthier-Boisclair | stagiaire kinésiologue

Le Saint-Jude

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